Jean Grenier et Marc Lauzé, pompiers québécois avec Catherine Sztal-Kutas, directrice de Calyxis et Yvon Trépos, directeur du Sdis. Les détecteurs d’incendie sont largement commercialisés depuis cinq ans, et ils pourraient devenir obligatoires d’ici quelques mois. Malgré cela, les logements français restent largement sous-équipés : 2 à 3 % maximum, déplorent le colonel Trépos, directeur des pompiers des Deux-Sèvres, et Catherine Sztal-Kutas, directrice de Calyxis, pôle d’expertise du risque basé à Niort.
Ces appareils ont pourtant démontré leur utilité, en particulier lorsque les incendies se déclarent la nuit. « Récemment, l’occupant d’une maison qui brûlait a été réveillé par le bruit du crépitement, c’est dire que l’incendie était déjà conséquent, poursuit Yvon Trépos. Depuis 1996, nous avons beaucoup travaillé sur la rapidité et l’efficacité des pompiers. Il faut aujourd’hui travailler en amont de l’alerte. Sur les premiers instants de l’incendie. »
En avertissant très tôt de la présence de flammes, les détecteurs doivent donner le temps aux occupants d’évacuer en toute sécurité, et de limiter l’ampleur des dégâts matériels.
« Mais l’installation de détecteurs de fumée ne doit pas non plus créer un faux sentiment de sécurité, ajoute le lieutenant-colonel Chauvin, adjoint du colonel Trépos. On constate en Ecosse une recrudescence d’incendie, malgré l’équipement de tous les logements. Il ne faut pas oublier les bonnes pratiques de prévention. »
Il faut surtout s’assurer du bon fonctionnement de l’appareil, et changer régulièrement la pile. Au Québec, autre pays modèle en la matière, « on estime que le détecteur n’était pas en état de marche dans un incendie mortel sur deux », selon Jean Grenier, pompier québécois et formateur de passage à Niort (lire par ailleurs).
20 à 30 euros
pour un appareil
aux normes
Chez Calyxis, on milite depuis des années pour qu’une loi rende cet équipement obligatoire. Cela pourrait être enfin chose faite fin février, « dans une annexe à la loi logement, indique Catherine Sztal-Kutas. Mais il faudra ensuite attendre les décrets d’application, et un délai de quatre à cinq ans pourrait être laissé au propriétaires. Au-delà de cet aspect réglementaire, il faut vraiment encourager l’équipement dès maintenant. Ces appareils ne sont pas onéreux, et ils sont simples à installer. » Compter 20 à 30 euros pour un appareil aux normes françaises et européennes, recommandé par Calyxis. « Nous espérons que le marché créé par la loi fera baisser ces prix. »