Cinq plaintes ont été prises par la gendarmerie. Henri Millet n’a plus que deux lapins. Et chaque matin depuis une semaine, il se demande s’ils sont encore là. Les onze autres, lapereaux compris, ont été massacrés le week-end dernier. « Le dimanche matin, ils étaient tous éparpillés morts, explique ce retraité, avec peine. La semaine d’avant, on m’avait dit, “ fais attention à tes lapins ”, ce serait arrivé trois fois à Coulonges déjà ». Mais il était loin d’imaginer que le paisible hameau de Tourteron, où il vit depuis 76 ans, serait concerné à son tour.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le mystérieux tueur a pourtant frappé de nouveau, à quelques centaines de mètres, chez Michelle et Jean-Pierre Geffard. Là, vingt-six lapins ont été retrouvés morts. « Tués par un chien, explique Michelle, on voyait les traces de crocs. »
Le lapin
d’un enfant décapité
Mais pour les époux Geffard, il n’y a pas qu’un chien : « On pense que le maître sort les lapins des clapiers et les lui jette. Peut-être pour dresser le chien à tuer. Il est bien dressé, en tout cas, on n’a rien entendu ». Des traces de pas suspectes ont été retrouvées, ainsi que les empreintes d’un chien, a priori de bonne taille.
La nuit suivante, deux autres massacres sont encore commis, à quelques centaines de mètres. Une douzaine de lapins sont tués chez les voisins des Geffard. Détail sordide : une femelle pleine a été éventrée.
Le tueur frappe aussi chez les Saivre, un peu plus loin. « On savait qu’il y avait eu des lapins tués chez les Millet et les Geffard, explique Brigitte Saivre. Mon fils de dix ans était inquiet, il avait donc déménagé son lapin domestique, un bélier avec de grandes oreilles, du hangar à l’abri de jardin. Jeudi matin, avant d’aller à l’école, il a retrouvé son lapin avec la tête arrachée. »
Le rôdeur a aussi frappé dans le poulailler de la famille. Six poules tuées. Un carnage commis visiblement « par un homme » : aucune trace de morsures. Les poussins sont morts aussi.
Dans Tourteron, l’affaire suscite bien sûr l’inquiétude. « Comment savait-il qu’il y avait un lapin dans cet abri de jardin ? s’interroge la mère de famille. On a beau chercher dans l’entourage, on n’imagine pas qui peut faire ça. Ici, beaucoup de gens ont des poules ou des lapins. Ceux qui n’ont pas encore été touchés pensent à monter la garde. »
“ Juste pour
le plaisir de tuer ”
Plus mystérieuses encore sont les motivations de celui qui sème la mort dans les basses-cours. « On comprendrait davantage que quelqu’un vole des lapins pour manger », poursuit Brigitte Saivre. « Là, c’est juste pour le plaisir de tuer, se désole Henri Millet. Je suis curieux de connaître ses raisons, mais c’est un malade. »
Les gendarmes ont ouvert une enquête, qui associe trois autres « tueries », commises précédemment dans le secteur. Elles étaient apparues jusque-là comme des faits isolés, voire anecdotiques. Fin novembre, un habitant de Coulonges avait ainsi retrouvé ses deux cochons d’Inde tués.
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